Comment aimer quand on doute de l’amour de Dieu ?

« Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. »
1 Jean 4:19

Cette phrase paraît simple. Pourtant, elle dit quelque chose de très vrai sur notre manière d’aimer.

Nous aimons parce que nous avons d’abord été aimés.

Mais comment aimer lorsque nous n’avons pas l’assurance de l’amour de Dieu ?

Comment aimer librement quand, au fond de nous, nous nous demandons encore si Dieu nous accepte vraiment ?

Beaucoup de chrétiens vivent avec cette incertitude.

Ils croient que Dieu aime les êtres humains. Ils croient même qu’il aime les chrétiens. Mais lorsqu’il s’agit de leur propre personne, tout devient confus. Rien n’est plus sûr.

« Est-ce que Dieu m’aime encore après ce que j’ai fait ? »

« Est-ce que je suis suffisamment fidèle ? »

« Est-ce que Dieu est déçu de moi ? »

« Est-ce que je mérite encore sa faveur ? »

Alors la relation avec Dieu devient progressivement une relation de performance.

On prie pour être accepté.
On obéit pour être aimé.
On sert pour se rassurer.
On cherche à bien faire pour avoir la certitude que Dieu ne nous rejettera pas.

Ce n’est pas ce que l’Evangile nous enseigne.

Dieu nous a aimés avant que nous puissions l’aimer

Jean ne dit pas : « Nous aimons pour que Dieu nous aime. »

Il dit : « Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. »

L’initiative vient de Dieu.

Son amour ne commence pas avec notre bonne conduite. Il ne commence pas lorsque nous devenons de bons chrétiens. Il ne commence même pas avec notre conversion.

Dieu nous aime le premier.

C’est précisément ce que Paul rappelle lorsqu’il écrit que « Dieu nous a montré à quel point il nous aime : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs » (Romains 5:8, PDV 2017).

Nous étions encore pécheurs.

Dieu n’a donc pas attendu que nous devenions dignes d’être aimés.

L’amour était là avant notre réponse.

Et cela change profondément notre manière de vivre avec lui.

On ne peut pas donner sereinement ce que l’on croit ne pas avoir reçu

Prenons un exemple très simple.

Quelqu’un qui grandit en pensant qu’il doit constamment mériter l’amour des autres peut finir par aimer dans la peur.

Il cherche à être parfait. Il évite de décevoir. Il se rend indispensable. Il supporte parfois des choses qu’il ne devrait pas supporter, simplement pour ne pas être rejeté.

Il aime, mais il n’est pas libre.

Il en va de même dans notre relation avec Dieu.

Lorsque nous ne sommes jamais certains d’être aimés de lui, notre vie chrétienne peut devenir épuisante.

Nous cherchons sans cesse à prouver quelque chose.

Nous prions davantage parce que nous avons peur de ne pas être assez spirituels.

Nous servons davantage parce que nous avons peur de ne pas être assez utiles.

Nous culpabilisons au moindre écart parce que nous avons peur d’avoir perdu l’amour de Dieu.

Et dans cet état, il devient difficile d’aimer les autres gratuitement.

Parce que nous sommes nous-mêmes en manque d’assurance.

L’amour de Dieu n’est pas une récompense

C’est peut-être l’une des choses les plus difficiles à comprendre pour un chrétien qui a longtemps vécu dans la performance.

L’amour de Dieu n’est pas une récompense pour notre bonne conduite.

Nous n’avons pas à devenir suffisamment bons pour que Dieu commence à nous aimer.

Nous avons besoin de comprendre que nous sommes aimés, et que c’est précisément à partir de cet amour que notre vie peut changer.

Cela ne signifie pas que Dieu se moque de notre manière de vivre.

Cela signifie que notre obéissance ne sert pas à acheter son amour.

Nous ne faisons pas le bien pour être aimés.

Nous faisons le bien parce que nous sommes aimés.

La différence peut sembler minime. Mais elle ne l’est pas.

Dans un cas, nous vivons sous pression.

Dans l’autre, nous pouvons apprendre à vivre dans la liberté.

Se savoir aimé permet d’aimer autrement

Quand nous cessons de chercher constamment à obtenir l’amour de Dieu, quelque chose se détend en nous.

Nous pouvons servir sans chercher à prouver notre valeur.

Nous pouvons reconnaître nos erreurs sans penser que Dieu va nous abandonner.

Nous pouvons demander pardon sans nous enfermer dans la honte.

Nous pouvons aussi aimer les autres sans attendre qu’ils nous donnent ce que nous cherchons désespérément à obtenir d’eux.

Nous n’avons plus besoin que leur regard confirme constamment notre valeur.

Parce que notre valeur ne dépend pas de leur regard.

Elle repose sur l’amour de Dieu.

C’est aussi pour cela que l’assurance de l’amour de Dieu n’est pas un luxe réservé aux chrétiens qui aiment les grandes discussions théologiques.

Elle a des conséquences très concrètes.

Un chrétien qui se sait aimé n’a pas besoin de passer sa vie à essayer de mériter l’amour de Dieu.

Et lorsqu’il n’a plus besoin de le mériter, il peut enfin apprendre à aimer à son tour.

Peut-être avons-nous besoin de revenir à cette vérité

Nous parlons beaucoup de ce que nous devons faire pour Dieu.

Nous parlons de prière, de service, de consécration, d’obéissance, de discipline spirituelle.

Tout cela a sa place.

Mais avant tout cela, il y a une vérité toute simple :

Dieu nous a aimés le premier.

Nous n’avons pas commencé cette histoire.

Nous avons répondu à un amour qui nous précédait.

Et peut-être qu’une partie de notre fatigue spirituelle vient simplement du fait que nous essayons encore de mériter ce que Dieu nous a déjà donné.

Nous n’avons pas besoin de travailler pour devenir aimés.

Nous avons besoin d’apprendre à vivre à partir de cet amour.

Car nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier.

Et lorsque nous sommes réellement convaincus que nous sommes aimés, nous pouvons enfin aimer sans avoir constamment peur de ne pas être assez.


Et si on en parlait…

Tu te reconnais dans ce que tu lis ?
Si tu ressens le besoin d’en parler, je propose un espace d’accompagnement chrétien pour t’aider à y voir plus clair.

Découvrir l’accompagnement

Lisez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *