La volonté de Dieu n’est pas une énigme à résoudre

Il y a des chrétiens qui restent bloqués devant des décisions parfois très simples parce qu’ils veulent d’abord être certains de connaître la volonté de Dieu.

Changer de travail, déménager, accepter une invitation, commencer une formation, mettre fin à une relation, lancer un projet. Rien ne peut vraiment avancer tant qu’une question n’a pas trouvé sa réponse : « Est-ce que c’est la volonté de Dieu ? »

Alors on prie. On attend. On cherche un signe. On repense à une prédication entendue quelques jours auparavant. Une phrase prend soudain une importance particulière. Une chanson passe à la radio au moment où l’on réfléchissait justement à cette décision. Un événement survient et on se demande s’il faut y voir un message.

Et plus on cherche, plus on devient confus.

Avant même de parler de la volonté de Dieu, je crois qu’il serait utile de commencer par trois questions : Pourquoi ai-je autant besoin de connaître la volonté de Dieu ? Est-il réellement possible de connaître sa volonté pour chaque détail de ma vie ? Et qu’est-ce que la Bible appelle précisément la volonté de Dieu ?

La volonté de Dieu n’est pas une série d’énigmes à résoudre

Paul écrit dans Romains 12.2 :

« Alors vous pourrez savoir ce que Dieu veut : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. »

On parle beaucoup de la « volonté parfaite de Dieu », comme s’il existait différents niveaux de volonté divine et qu’il fallait absolument trouver le niveau supérieur.

Pourtant, le texte de Paul ne dit pas cela.

Ce qui est bon, ce qui plaît à Dieu et ce qui est parfait décrivent ensemble sa volonté. Paul ne nous présente pas trois chemins différents qu’il faudrait réussir à identifier.

Et surtout, regardons ce qui précède.

Paul parle du renouvellement de notre intelligence.

Le discernement vient avec une intelligence transformée. Il grandit avec la connaissance de Dieu et de sa Parole. Il ne repose pas sur notre capacité à décoder des signes cachés dans notre quotidien.

Le chrétien apprend à discerner.

Il apprend à reconnaître ce qui est bon, ce qui est juste, ce qui édifie, ce qui correspond à la vie à laquelle Dieu l’appelle.

C’est une démarche de maturité.

Dieu nous a déjà révélé beaucoup de choses sur sa volonté

Nous parlons parfois de la volonté de Dieu comme si Dieu avait placé devant chacun de nous un itinéraire secret qu’il faudrait absolument découvrir.

Quel travail Dieu a-t-il prévu pour moi ?

Dans quelle ville dois-je vivre ?

Avec qui dois-je me marier ?

Quelle décision dois-je prendre samedi prochain ?

Dois-je accepter cette invitation ?

Dois-je porter cette tenue ?

Et si je prends la mauvaise décision ?

Pendant ce temps, les choses essentielles sont déjà clairement présentes dans les Écritures.

Dieu veut que nous connaissions Christ. Il veut que nous croyions en lui. Il veut que nous grandissions dans la foi et dans la connaissance. Il veut que nous aimions notre prochain. Il veut que nous pratiquions le bien. Il veut que nous vivions dans la sainteté. Il veut que notre intelligence soit renouvelée.

Paul dit que nous avons été créés en Jésus-Christ pour faire de bonnes œuvres que Dieu a préparées d’avance afin que nous les pratiquions (Éphésiens 2.10).

Pierre nous encourage à grandir dans la grâce et dans la connaissance de Jésus-Christ (2 Pierre 3.18).

Paul prie pour que les Philippiens grandissent dans l’amour, avec une connaissance et un discernement toujours plus grands, afin qu’ils sachent reconnaître ce qui est important (Philippiens 1.9-10).

Voilà déjà beaucoup de choses à apprendre et à mettre en pratique.

La volonté de Dieu n’est donc pas un secret qu’il faudrait découvrir avant de commencer à vivre.

Le problème commence lorsque nous cherchons des signes partout

Il existe des chrétiens qui attendent une indication particulière avant de prendre une décision.

Une voix, un rêve, une parole prophétique, une rencontre, une coïncidence, une chanson, une phrase entendue par hasard, ou un livre qui s’ouvre exactement sur la page qu’il fallait.

On finit alors par transformer le quotidien en une sorte de langage secret qu’il faudrait apprendre à déchiffrer.

Le problème, c’est que nous sommes parfaitement capables de faire parler les événements.

Nous pouvons prendre une coïncidence et lui donner une signification.

Nous pouvons entendre une phrase et l’interpréter comme une confirmation.

Nous pouvons sélectionner les éléments qui correspondent à ce que nous espérions déjà et laisser de côté ceux qui nous dérangent.

À ce stade, nous ne cherchons plus forcément la volonté de Dieu. Nous cherchons parfois à obtenir une confirmation de ce que nous voulons faire, ou de ce que nous avons peur de faire.

Et même lorsqu’une personne croit avoir reçu un signe, une nouvelle question apparaît : « Est-ce vraiment Dieu ? »

Si une voix se faisait entendre, la question pourrait devenir : « Est-ce ma voix ou celle de Dieu ? »

La confusion ne disparaît pas nécessairement parce qu’un événement nous semble extraordinaire.

Pourquoi voulons-nous tellement être certains ?

C’est une question que nous devrions probablement nous poser plus souvent.

Pourquoi ai-je besoin d’être certain que cette décision vient de Dieu ?

La réponse n’est pas toujours spirituelle.

Parfois, derrière cette recherche de la volonté de Dieu se trouve simplement la peur.

Peur de se tromper. Peur d’échouer. Peur de regretter. Peur de perdre quelque chose. Peur de prendre une décision dont les conséquences nous échapperont.

Nous aimerions alors que Dieu nous donne une garantie.

« Seigneur, montre-moi exactement ce que je dois faire et assure-moi que cela fonctionnera. »

Mais la foi chrétienne ne nous promet pas une vie sans incertitude.

Nous ne contrôlons pas les conséquences de chacune de nos décisions. Nous ne connaissons pas l’avenir. Et Dieu ne nous a pas promis que chaque choix pris dans la sincérité produirait exactement le résultat que nous espérions.

Chercher la volonté de Dieu peut donc devenir, sans que nous nous en rendions compte, une manière de chercher la sécurité.

Vivre à 100 % pour Dieu ne signifie pas demander son avis sur tout

J’entends parfois : « Moi, je veux vivre à 100 % pour Dieu. Je veux lui plaire dans tous les domaines de ma vie. Alors je cherche sa volonté dans tout. »

Le désir de plaire à Dieu est bon.

Mais il ne signifie pas que chaque détail de notre existence doit faire l’objet d’une révélation particulière.

Prenons quelque chose d’aussi simple que le choix d’une tenue.

Le chrétien regarde l’occasion, le lieu, le contexte. Il réfléchit à ce qui est convenable et décent. Sa conscience intervient. Il choisit.

Il n’a pas besoin d’attendre une indication particulière pour savoir quelle robe porter.

Il en va de même pour une invitation.

Des amis proposent une sortie. La personne regarde la situation. Elle sait ce qui s’y passe. Elle connaît ses propres limites. Elle sait aussi ce qui l’édifie ou ce qui a tendance à la troubler.

Si elle a envie d’y aller et que rien ne pose de problème particulier, elle y va.

Si elle sait que cette situation lui fait du mal ou l’entraîne dans des choses contraires à ses convictions, elle n’y va pas.

La décision repose sur le discernement.

Il n’est pas nécessaire de transformer une soirée entre amis en consultation permanente de la volonté divine.

La conscience chrétienne a sa place

C’est justement pour cette raison que la question de la conscience est importante.

Paul dit : « Je m’efforce de garder toujours une conscience pure devant Dieu et devant les hommes » (Actes 24.16).

Dans Romains 14, il aborde également des questions pour lesquelles tous les chrétiens ne prennent pas les mêmes décisions. Il insiste alors sur la conscience, la conviction personnelle et la responsabilité devant Dieu.

Cela signifie qu’il existe des domaines dans lesquels le chrétien doit exercer son discernement.

Tout n’est pas commandé. Tout n’est pas interdit. Tout n’exige pas un signe.

Il existe des décisions ordinaires dans lesquelles la maturité chrétienne consiste justement à réfléchir, à examiner la situation et à choisir.

La conscience, elle aussi, doit être instruite. Une conscience éclairée par la Parole apprend progressivement à discerner.

C’est exactement ce que Paul développe en Romains 12.2 : le renouvellement de l’intelligence produit du discernement.

Et si je me trompe ?

C’est probablement la peur qui se trouve derrière beaucoup de recherches frénétiques de la volonté de Dieu.

« Et si je prends la mauvaise décision ? »

Oui, cela peut arriver.

Nous pouvons nous tromper.

Nous pouvons mal évaluer une situation. Nous pouvons faire un choix qui, quelques mois plus tard, nous semblera mauvais. Nous pouvons regretter. Nous pouvons devoir reconnaître notre erreur et changer de direction.

Cela ne signifie pas que nous avons raté le plan secret de Dieu pour notre existence.

Nous sommes des êtres humains. Nous apprenons aussi par nos décisions, nos erreurs, nos conséquences et nos expériences.

Et surtout, Dieu reste Dieu lorsque nous nous trompons.

Notre salut ne repose pas sur notre capacité à prendre la décision parfaite à chaque instant.

Notre relation avec Dieu ne fonctionne pas comme un examen permanent dans lequel chaque mauvaise réponse nous ferait sortir de sa volonté.

Nous appartenons à Christ. Nous grandissons. Nous apprenons à discerner.

Et lorsque nous nous trompons, nous revenons à Dieu.

Dieu ne nous demande pas de deviner ses intentions cachées

Il y a une différence entre chercher à connaître Dieu et chercher à deviner Dieu.

La première démarche nous conduit vers sa Parole.

La seconde peut nous enfermer dans l’interprétation permanente des circonstances.

Dieu nous a donné sa Parole. Il nous a donné son Esprit. Il nous a donné une intelligence capable de réfléchir. Il nous a donné une conscience. Il nous donne aussi des frères et des sœurs auprès desquels demander conseil.

Tout cela participe au discernement chrétien.

À mesure que nous grandissons dans la connaissance de Christ, notre manière de penser change. Notre conscience est davantage éclairée. Nous devenons capables d’examiner une situation et de prendre une décision sans attendre qu’un signe apparaisse dans le ciel.

C’est aussi cela, grandir dans la foi.

Alors, comment avancer ?

Si aujourd’hui tu te sens bloqué parce que tu veux connaître la volonté de Dieu avant de faire le moindre pas, commence par revenir à ce que Dieu a déjà dit.

Regarde la Parole.

Examine la situation.

Interroge tes motivations.

Regarde ce qui est juste, ce qui est bon, ce qui est utile, ce qui édifie.

Écoute ta conscience.

Demande conseil lorsqu’une situation le mérite.

Prie.

Puis prends ta décision.

Il n’y aura peut-être aucun signe spectaculaire, aucune voix, ou aucune certitude absolue.

Et cela ne signifie pas que Dieu est absent.

La vie chrétienne n’est pas une chasse aux indices.

Dieu ne nous demande pas de deviner ses intentions cachées à longueur de journée. Il nous appelle à le connaître, à croire en lui, à grandir dans sa Parole et à vivre d’une manière qui lui soit agréable.

Il y a des choses que Dieu nous demande clairement, et il y en a d’autres qu’il nous laisse discerner.

Et dans ces espaces-là, il arrive simplement que nous ayons à choisir.

Alors avance.

Avec une conscience éclairée, la Parole de Dieu comme repère, et la liberté que Dieu donne à ses enfants.

Et si tu te trompes, reviens à lui.

Tu n’as pas à connaître chaque détail de l’avenir pour marcher avec Dieu aujourd’hui.


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