La foi n’est pas un masque

Pendant longtemps beaucoup de chrétiens ont appris à associer la foi à une forme de force permanente. Comme si croire signifiait ne plus douter, ne plus avoir peur, ne plus être fatigué. Comme si un croyant sincère devait toujours afficher une paix visible même quand tout s’effondre intérieurement.

Alors certains finissent par porter un masque :

  • Un masque spirituel.
  • Un langage spirituel.
  • Une apparence de maîtrise.

Mais au fond ils sont épuisés.

Parce qu’on ne peut pas passer sa vie à faire semblant d’aller bien devant Dieu.

La foi biblique n’a jamais demandé cela.

La foi ne consiste pas à nier la réalité. Elle ne demande pas de fermer les yeux sur la douleur, ni d’étouffer les questions difficiles. Elle ne consiste pas non plus à se convaincre que tout va bien quand ce n’est pas le cas.

Dieu ne nous demande pas d’être irréels avec lui.

On remarque d’ailleurs dans les Écritures que les hommes et les femmes de foi parlaient avec honnêteté. David criait sa détresse. Jérémie exprimait sa fatigue. Les disciples eux-mêmes ont connu la peur, le doute et l’incompréhension.

Le problème n’est donc pas d’avoir des combats intérieurs. Le problème commence quand on croit qu’il faut les cacher pour paraître spirituel.

Beaucoup de croyants s’épuisent ainsi. Ils essaient de supprimer leurs émotions par la force. Ils pensent qu’un chrétien mature ne devrait plus ressentir certaines choses. Alors ils culpabilisent de lutter encore.

Mais la maturité spirituelle ne consiste pas à devenir insensible. Elle consiste à apprendre à rester attaché à Dieu même dans la tempête.

La foi n’est pas une fuite hors de la réalité.

Elle est une manière de traverser la réalité avec confiance.

Voilà la différence.

Croire en Dieu ce n’est pas prétendre que les difficultés n’existent pas. C’est choisir de ne pas laisser ces difficultés devenir la vérité finale sur notre vie.

La foi repose sur une confiance. Pas sur une performance.

Nous croyons parce que nous connaissons celui en qui nous avons mis notre confiance. Nous croyons parce que sa fidélité ne dépend pas de nos émotions du moment. Nous croyons parce que sa parole reste stable même lorsque notre cœur vacille.

Et cela change profondément notre manière de vivre la foi.

On arrête de jouer un rôle.

On arrête de chercher à impressionner spirituellement.

On arrête de confondre apparence de paix et paix véritable.

Une foi sincère accepte de dire :

  • “Je suis fatigué mais je continue de m’appuyer sur Dieu.”
  • “Je ne comprends pas tout mais je refuse de lâcher sa main.”
  • “Je traverse une saison difficile mais je crois encore à sa fidélité.”

Il y a plus de vérité spirituelle dans cette honnêteté que dans beaucoup de discours religieux bien construits.

Dieu ne cherche pas des personnes parfaites. Il cherche des cœurs vrais.

Et parfois le vrai miracle n’est pas de ne plus ressentir la peur. Le vrai miracle est de continuer à faire confiance malgré la peur.

Cette foi-là est plus solide qu’une simple émotion religieuse. Parce qu’elle ne dépend pas des circonstances. Elle dépend du caractère de Dieu.

C’est aussi là qu’on découvre une paix plus profonde. Une paix qui ne vient pas de l’absence de problèmes mais de la présence de Dieu au milieu de ces problèmes.

La foi n’est donc pas un masque à porter.

Elle est une confiance à choisir chaque jour même quand tout en nous voudrait abandonner.


Et si on en parlait…

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