Il est assez facile de qualifier une croyance ou une pratique de bonne ou de mauvaise. Nous le faisons souvent avec beaucoup d’assurance, parfois même sans réfléchir. Toutefois, nous omettons presque systématiquement de nous poser une question importante :
Pourquoi croyons-nous ce que nous croyons ?
Avant de juger une habitude, une tradition ou une croyance, il est utile de s’intéresser à ce qui la soutient. Car une pratique n’apparaît jamais par hasard. Elle repose toujours sur des fondements. Et ce sont précisément ces fondements qui méritent d’être examinés.
Nous avons tous grandi au milieu d’idées qui nous ont été transmises comme des évidences. Certaines viennent de notre famille, d’autres de notre culture, de notre environnement religieux ou encore de notre expérience personnelle. À force de les entendre, nous finissons par ne plus les questionner. Elles deviennent normales, presque sacrées.
Conviction ou tradition ?
Une idée n’est pourtant pas vraie parce qu’elle est ancienne. Elle n’est pas davantage vraie parce qu’elle est populaire. Le fait qu’une majorité y adhère ou qu’elle soit enseignée depuis plusieurs générations ne constitue pas une preuve.
L’histoire de l’humanité regorge de convictions collectives qui se sont révélées fausses. Des croyances ont traversé les siècles avant d’être remises en question. Elles avaient pour elles le poids de la tradition, mais pas celui de la vérité.
Il est étonnant de constater que nous sommes souvent capables d’exercer un esprit critique dans de nombreux domaines de notre vie, mais que celui-ci disparaît dès qu’il s’agit de certaines croyances religieuses. Comme si le simple fait de poser une question risquait de faire s’effondrer toute notre foi.
L’amour de la vérité n’est pas une menace
Il est important de noter que la Bible ne présente jamais la recherche sincère de la vérité comme une menace. Au contraire.
Les habitants de Bérée ne furent pas félicités parce qu’ils acceptaient tout ce qu’on leur enseignait. Ils furent reconnus pour leur empressement à vérifier dans les Écritures si ce qu’ils entendaient était exact. Leur désir de comprendre ne fut pas considéré comme de la rébellion, mais comme de la noblesse de cœur.
L’apôtre Paul lui-même écrit : « Examinez toutes choses. Retenez ce qui est bon. » Cette invitation est notable. Elle ne demande pas aux croyants de tout accepter ni de tout rejeter. Elle appelle au discernement.
Le discernement demande du courage.
Il oblige parfois à reconnaître que certaines de nos certitudes reposent davantage sur des habitudes que sur la Parole de Dieu.
Cela peut être inconfortable.
Car derrière une croyance se cachent souvent des liens affectifs. Remettre en question un enseignement reçu d’un parent, d’un pasteur ou d’une communauté peut donner l’impression de trahir ceux qui nous ont accompagnés. Nous confondons facilement l’amour que nous leur portons avec l’obligation de considérer toutes leurs convictions comme infaillibles.
C’est aussi pour cette raison que certains systèmes religieux découragent les questions. Ils entretiennent l’idée que douter serait déjà désobéir, que vérifier manquerait de foi ou que réfléchir ouvrirait la porte à l’égarement.
La vérité n’a pas besoin d’être protégée des questions.
Au contraire, elle résiste à l’examen.
Ce qui craint les questions n’est généralement pas la vérité, mais le pouvoir que certaines personnes exercent grâce à des affirmations jamais vérifiées.
Il existe aujourd’hui de nombreuses croyances chrétiennes qui sont défendues avec passion alors que leurs fondements bibliques sont fragiles. Elles sont souvent soutenues par des témoignages impressionnants, des traditions bien établies ou des phrases répétées depuis des décennies. À force d’être entendues, elles finissent par paraître évidentes.
Mais lorsqu’on prend le temps de retourner au texte biblique, certaines certitudes commencent à vaciller.
Ce n’est pas forcément agréable.
Découvrir qu’on s’est trompé demande de l’humilité. Personne n’aime reconnaître qu’il a bâti une partie de sa vie sur une compréhension approximative. Pourtant, cette étape est parfois nécessaire pour grandir.
La foi chrétienne n’est pas appelée à reposer sur des slogans, des habitudes ou des légendes religieuses. Elle est appelée à s’enraciner dans la vérité.
Et la vérité n’a jamais eu peur d’être examinée.
Posons nous les bonnes questions
Peut-être est-il temps de cesser de se demander uniquement : « Est-ce que cette pratique est bonne ou mauvaise ? »
La question qui précède est bien plus importante.
Pourquoi est-ce que je crois cela ?
Sur quoi repose cette conviction ?
Ai-je moi-même vérifié ses fondements, ou est-ce que je la répète simplement parce que tout le monde autour de moi l’a toujours affirmée ?
Ces questions ne fragilisent pas la foi.
Elles la purifient.
Une foi qui refuse d’être examinée risque de devenir prisonnière des traditions. Une foi qui accepte de confronter ses convictions à la vérité devient plus libre, plus solide et plus profondément enracinée.
Après tout, Dieu ne nous appelle pas à défendre des habitudes. Il nous appelle à marcher dans la vérité. Et cette marche commence souvent le jour où nous avons le courage d’examiner les fondements sur lesquels nous avons construit nos certitudes.
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