Pourquoi l’homme adultère n’est-il jamais mentionné ?

Dans nos Bibles, cette histoire porte souvent le titre de « la femme adultère ».

Et plus je relis ce passage, plus une question me vient en tête :

Où est l’homme ?

Parce qu’il me semble qu’il faut être deux pour commettre un adultère. Pourtant, dans le récit, une seule personne est traînée en public, humiliée devant tout le monde, exposée à la honte et à la mort.

« Les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère. » Jean 8:3

Ils veulent la lapider. Ils citent la loi de Moïse. Ils veulent savoir ce que Jésus pense qu’il faut faire.

Mais ce que je remarque, ce n’est pas seulement leur violence.

C’est leur manière d’utiliser la loi sans jamais se poser la question de la compassion.

La loi disait pourtant que l’homme et la femme étaient tous les deux concernés.

« Si un homme commet un adultère avec une femme mariée […] l’homme adultère et la femme adultère seront punis de mort. » Lévitique 20:10

Alors pourquoi n’y a-t-il qu’elle ?

Parce qu’il est parfois plus facile de condamner quelqu’un que de regarder honnêtement toute la réalité.

Cette femme devient presque un prétexte religieux.

On ne cherche pas réellement la justice. On cherche un coupable visible. Une personne à exposer. Une faute à pointer du doigt.

Et pendant ce temps-là, l’homme disparaît complètement du récit.

Honnêtement, cela ressemble encore beaucoup à notre manière de fonctionner aujourd’hui.

On aime les fautes visibles.

On aime les coupables faciles à désigner.

On aime les scandales publics.

Mais la miséricorde, elle, demande davantage de profondeur intérieure.

Ce passage révèle aussi quelque chose qui met mal à l’aise  : on peut être sincèrement religieux et manquer totalement de compassion.

Ces hommes connaissaient les Écritures.

Ils connaissaient les prescriptions.

Ils connaissaient les règles.

Mais connaître des règles ne veut pas dire connaître le cœur de Dieu.

Jésus ne nie pas le péché de cette femme. Il ne dit pas que l’adultère est acceptable. À la fin, il lui dira même :

« Va, et désormais ne pèche plus. » Jean 8:11

Donc il y a bien une reconnaissance du péché.

Mais avant cela, Jésus oblige chacun à regarder sa propre condition intérieure.

« Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre. » Jean 8:7

Et soudain, plus personne ne parle.

Parce qu’au fond, beaucoup de condamnations publiques servent parfois à éviter de regarder ses propres contradictions.

Ce texte ne parle pas seulement d’une femme accusée.

Il parle aussi de notre tendance humaine à utiliser la vérité comme une arme au lieu d’un chemin vers la restauration.

Il y a une différence entre corriger quelqu’un et écraser quelqu’un.

Et cette différence, Jésus ne l’a jamais oubliée.

C’est aussi ce qui rend l’attitude de Joseph si belle dans l’évangile de Matthieu. Lorsqu’il découvre la grossesse de Marie, il pense qu’elle l’a trahi. Pourtant, le texte dit :

« Joseph, son mari, était un homme juste. Il ne voulait pas la dénoncer publiquement. » Matthieu 1:19

Sa justice ne produit pas l’humiliation.

Elle produit la retenue.

Voilà quelque chose que beaucoup de croyants devraient méditer.

Parce qu’on peut défendre la vérité tout en détruisant des personnes.

On peut parler de sainteté tout en oubliant l’amour.

On peut connaître des versets et manquer totalement de douceur.

Pourtant, Jésus n’a jamais séparé la vérité de la grâce.

Il ne condamne pas cette femme.

Mais il ne l’encourage pas non plus à rester dans ce qui la détruit.

Il lui offre quelque chose de plus concret : une possibilité de recommencer.

Et c’est à mon avis la chose la plus magnifique dans cette histoire.

Le seul homme parfaitement juste présent ce jour-là était aussi le seul à ne pas vouloir lancer de pierre.


Te sens tu fatiguée actuellement dans ta vie de foi ? Ta vie spirituelle ressemble t-elle à un brouillard de plus en plus épais ?

Je t’écoute. Parlons-en !

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