Quand Dieu ne répond pas à nos « Pourquoi » dans l’épreuve

Il y a des blessures qui ne crient plus, mais qui parlent encore.
Elles ne font plus autant de bruit qu’au début, pourtant elles continuent d’influencer nos pensées, nos réactions, notre manière d’aimer, de nous protéger, et même de croire.

Avec le temps, on réalise que certaines expériences douloureuses laissent une empreinte durable. Elles façonnent notre vision du monde, des autres, et parfois de Dieu. Et très souvent, face à ces blessures, une même question revient, insistante : pourquoi ?

Pourquoi cette situation ?
Pourquoi cette personne ?
Pourquoi à ce moment précis de ma vie ?

Chercher des raisons est profondément humain. Comprendre donne le sentiment de reprendre le contrôle, de remettre de l’ordre dans le chaos. Mais il arrive un moment où il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que toutes les souffrances n’ont pas de raison claire.

Certaines douleurs ne s’expliquent pas.
Certaines injustices ne trouvent pas de justification.
Certaines pertes ne trouvent pas de réponse satisfaisante.

Et s’acharner à vouloir expliquer ce qui ne peut pas l’être peut devenir une autre forme d’emprisonnement intérieur. On rumine. On analyse. On revisite sans cesse les mêmes scènes, les mêmes paroles, les mêmes silences. Et peu à peu, le cœur se raidit.

C’est souvent à cet endroit précis que se joue un tournant intérieur.

Il n’y a pas toujours de raisons.
Mais il y a toujours des leçons.

Quand la Bible ne répond pas au “pourquoi”, mais travaille le cœur

La Bible ne promet jamais une vie sans incompréhension. Elle ne présente pas Dieu comme Celui qui explique tout, tout le temps. En revanche, elle révèle un Dieu qui marche avec l’être humain au cœur même de ce qu’il ne comprend pas.

L’histoire de Job en est une illustration bouleversante. Job perd tout. Il souffre profondément. Il crie son incompréhension. Il pose des questions directes, parfois même dérangeantes. Et Dieu ne le condamne pas pour cela. Le silence de Dieu, dans un premier temps, n’est pas une absence, mais une tension.

Quand Dieu parle enfin, Il ne donne pas à Job la raison de sa souffrance. Il ne lui explique pas les coulisses spirituelles de ce qui s’est joué. Il ne répond pas au “pourquoi”. Il révèle autre chose, à savoir Sa grandeur, Sa souveraineté, Sa présence.

Autrement dit, Dieu ne dit pas : “Voici pourquoi tu as souffert.
Il dit plutôt : “Voici qui Je suis, même quand tu souffres.”

Et cette révélation transforme Job. Pas parce qu’il comprend enfin, mais parce que son regard s’élargit. Sa foi devient plus profonde, plus humble, plus enracinée.

Cette dynamique traverse toute l’Écriture.

Les Psaumes sont remplis de cris, de plaintes, de questions sans réponse immédiate. “Jusqu’à quand ?” revient souvent. Mais très rarement ces psaumes se terminent par une explication rationnelle. Ils se terminent par un déplacement intérieur : le psalmiste se souvient de la fidélité de Dieu, même quand la situation n’a pas encore changé.

Dans le Nouveau Testament, l’apôtre Paul parle ouvertement de ses épreuves, de ses faiblesses, de ses limites. Il ne cherche pas à expliquer chaque souffrance, mais il insiste sur ce qu’elles produisent : une dépendance plus grande à Dieu, une foi moins orgueilleuse, une force qui ne vient plus de lui-même.

La Bible nous enseigne ainsi une chose essentielle : Dieu ne cherche pas toujours à satisfaire notre besoin de compréhension, mais Il œuvre toujours à la formation de notre cœur.

La leçon comme chemin de transformation

Les leçons ne viennent pas quand on fuit la blessure. Elles émergent quand on accepte de regarder ce qui a fait mal, sans masque, sans spiritualisation rapide, sans minimisation.

Apprendre de ses blessures, ce n’est pas dire que tout était nécessaire ou voulu. Ce n’est pas dire que la souffrance était “bonne”. C’est refuser qu’elle soit inutile.

Ces leçons nous apprennent d’abord sur les autres.
Sur leurs limites affectives.
Sur leurs incohérences.
Sur leur incapacité parfois à aimer de manière juste et responsable.

Elles nous apprennent aussi sur nous-mêmes.
Sur ce que nous tolérons par peur de perdre.
Sur nos blessures anciennes qui réagissent encore.
Sur notre manière de nous oublier pour maintenir la paix.

Et puis, elles nous apprennent sur notre relation à Dieu. Sur une foi qui ne repose plus sur des réponses immédiates, mais sur une confiance éprouvée. Une foi qui accepte de ne pas tout maîtriser, mais qui choisit de s’ancrer dans la fidélité de Dieu.

Résister à l’endurcissement du cœur

Après certaines blessures, la vraie tentation n’est pas seulement la tristesse ou la colère. C’est l’endurcissement. Ce moment où l’on se ferme pour ne plus souffrir. Où l’on érige des murs au lieu de poser des limites saines. Où l’on devient méfiant, distant, émotionnellement absent.

Apprendre les leçons de nos blessures devient alors un acte de résistance spirituelle. Résister à l’amertume. Résister au cynisme. Résister à l’idée que “plus jamais”.

Cela demande du courage. De la patience. Et souvent, une grande honnêteté devant Dieu.

Il n’y a pas toujours de raisons.
Mais il y a toujours des leçons.

Et parfois, ces leçons sont précisément ce qui empêche notre cœur de se fermer, ce qui nous permet d’avancer sans nous perdre, et de continuer à croire sans nous durcir.

Lisez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *